S'entourer de ses livres sans pour autant les ouvrir ! Dans la Corée de la fin du XVIIIème, un roi, ne trouvant guère de temps pour la lecture, commanda un paravent représentant sa bibliothèque peinte en trompe-l'oeil. Ainsi naquit un mouvement pictural très codifié, le chaekgeori (littéralement: livres et objets), car par la suite le décor évolua vers des compositions associant des livres à divers objets de savoir.
LE SAVOIR EN TROMPE L'ŒIL. CORÉE, 18e-20e siècle.
Jusqu'au 4 janvier 2027 au Musée Guimet, Musée national des Arts asiatiques, Paris 16è
Ces peintures sur paravent ornaient les intérieurs des palais et des riches demeures, montrant que le pouvoir repose sur la connaissance. Comparables à nos peintures occidentales représentant les cabinets de curiosités, avec leurs vanités, elles fonctionnaient comme des vitrines où l'objet ne vaut plus pour lui-même, mais comme signe.
"L'accumulation du savoir demeure discrète. Plutôt qu'une abondance visible, elle s'exprime par un ordre maîtrisé, reflét d'un esprit discipliné et d'une aspiration à la vertu". https://www.guimet.fr/fr/expositions/le-savoir-en-trompe-loeil-coree-18e-20e-s

Certaines bibliothèques ne contiennent exclusivement des livres, d'autres leur associent divers objets : vases, fleurs, montres, lunettes...posés sur des étagères ou bien flottant comme en lévitation.

Paravent du bureau à 12 panneaux, encre, couleurs et or sur soie. 1918
Progressivement, l'influence de l'occident, due aux progrès de la science et à la venue de missionaires jésuites, se manifeste avec l'apparition de nouveaux effets de pespectives et, vers la fin du XIXème, une tendance à l'abstraction.

L'exposition se déploie dans la rotonde d'angle, dont le vide donne à voir la Bibliothèque historique du Musée. Inauguré en 1889, il fut entièrement restructuré par les architectes Bruno et Henri Gaudin à la fin des années 1990. Ne pas louper la terrasse au sommet !
